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Conflit israélo-palestinien ; quand le football n’est plus apolitique.

Il y a un peu plus d’un an, alors que la Russie était en pleine guerre avec l’Ukraine, la rédaction de Le Consultant a publié un papier démontrant clairement les penchants politiques dans le football. Aujourd’hui, un autre sujet politique fait la une des journaux et médias sportifs, et ce n’est pas la révélation du lauréat du prochain Ballon d’Or faite par le quotidien espagnol SPORT cette semaine. Vous l’auriez peut-être vu ou entendu, non pas en regardant des images sur France 24, Le Monde ou encore BFMTV, mais probablement en scrollant sur le site du journal l’Équipe, Foot Mercato ou autre. Effectivement, le Hamas, un groupe militaire palestinien, a attaqué l’État d’Israël le samedi 07 octobre 2023 et a tué des centaines de jeunes présents à une fête dans une boîte de nuit. Israël, sous l’égide de son premier Ministre Benyamin Netanyahou, n’a pas mis longtemps pour répliquer et tirer vengeance pour ses concitoyens ayant perdu la vie dans cette attaque.  Et depuis, il y a tout un déferlement de soutiens, déclarations, prises de position par les acteurs du ballon rond, joueurs actifs ou retraités. Si tout le monde est libre de donner leur opinion et que les voix de ceux avec des millions de followers sur les réseaux sociaux comptent, les retombées politiques ne sont pas négligeables. Nous sommes même rendus à un moment où des joueurs, qui ont justement voulu donner leur avis, sont poursuivis pour propos haineux et appel à la violence, des peines passibles de près de sept années de prison.

Israël contre Palestine (ou l’inverse), ce n’est pas une affiche d’une rencontre amicale dans la zone asiatique comme vous en auriez douté, encore moins un match opposant deux équipes pour la qualification de la prochaine Coupe du Monde. Non, il s’agit d’un conflit meurtrier de deux pays au caractère belliqueux qui s’affrontent depuis maintenant plus d’un demi-siècle. Forcément, les médias en parlent – les médias sportifs aussi. Et comme chaque événement important qui tient en liesse l’actualité mondiale, les footballeurs professionnels se sentent obligés de prendre position et de partager leur opinion. Fait regrettable, s’ils ne sont pas toujours disposés à le faire, sous la pression médiatique qui veut à chaque fois qu’ils se prononcent même si c’est pour profiter de leur influence, nous assistons malheureusement à des déclarations par-ci par-là à chaque évènement politique majeur. Toutefois, le hic est que ce statut de célébrité va de pair avec ses lots de conséquences et que, politiquement, les commentaires, opinions et prises de position sont utilisés majoritairement à des fins politiques. Premièrement, pourquoi, si le football est apolitique, demande-t-on à des acteurs de ce sport, d’avoir un avis sur tout, même les actualités à fort caractère politique ? Les footballeurs sont dans ce jeu des marionnettes sans le savoir malheureusement. Et quand ils veulent se prononcer, c’est pour donner lieu à des débats interminables sur leurs intentions, religions ainsi que leurs appartenances politiques. N’est-ce pas après son tweet Free Palestine, que Benzema a été accusé d’être en relation avec les Frères Musulmans, une organisation religieuse, politique et sociale créée en 1928, considérée comme terroriste par plusieurs pays dans le monde. Nous vous expliquons certaines situations fâcheuses qui montrent que le football, dans ce cas précis les joueurs, est de plus en plus utilisé comme instrument politique, encore plus avec cette guerre opposant l’État juif d’Israël à l’État arabe de la Palestine.

Benzema, accusé d’être en lien avec les Frères Musulmans

Un peu plus tôt cette semaine, le footballeur français passé par Lyon et Real Madrid, comme tout le monde souhaitant apporter son soutien aux civils massacrés dans cette guerre, a posté sur X : « Toutes nos prières pour les habitants de Gaza victimes une fois de plus des bombardements injustes qui n’épargnent ni femmes ni enfants ».

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Depuis, c’est la panique dans l’Hexagone quand plusieurs acteurs politiques se sont sentis offusqués par cette déclaration et veulent prouver, coûte que coûte, qu’il n’est pas approprié de dénoncer les actes inhumains perpétrés lors de cette guerre. Le ministre de l’Intérieur français, Gérald Darmanin, au micro de CNews, a accusé le joueur de Al-Ittihad d’être en lien étroit avec les frères musulmans, ce pour soutenir la position de son pays qui est en accord avec les manières de faire d’Israël. Plus tard, on n’apprend que la Sénatrice des Bouches-du-Rhône en France, Valérie Boyer demande des sanctions pour le deuxième meilleur buteur du club merengue (354 buts). Encore des manèges politiques, dira-t-on. La Sénatrice demande même le retrait du Ballon d’OR de 2022 ainsi que la déchéance de nationalité (française) pour Karim Benzema. Une publication d’un footballeur qui ne se passe pas inaperçue dans la sphère politique en France.

Youcef Atal, poursuivi pour apologie du terrorisme et provocation publique à la haine

Youcef Atal, joueur algérien de confession musulmane a relayé une vidéo d’un prédicateur palestinien : « Que Dieu envoie un jour noir pour les juifs ». En admettant que le message n’est pas des plus catholiques, aurait-il eu le même poids dans la balance si le messager n’était pas un joueur connu et membre de l’effectif niçois ? Ne sommes-nous pas dans une perspective de donneurs de leçon politique en poursuivant le joueur pour appel à la haine ? Inversement, si le message était de quelqu’un qui condamne l’attaque du Hamas, les réactions serait-elles les mêmes ? La Ministre des Sports française n’a pas hésité non plus l’occasion d’embellir son visage politique en saluant « l’ouverture par le parquet de Nice d’une enquête préliminaire pour apologie du terrorisme et provocation publique à la violence à raison d’une religion déterminée, concernant Youcef Atal ». Atal encourt une peine pouvant aller jusqu’à sept années de prison et  d’une amende de 100 000 euros. Un beau pactole pour l’État français.

En Allemagne, l’un des pays supportant également l’État Israël, la situation n’est pas si différente. La presse allemande a porté de graves accusations à l’endroit de Noussair Mazraoui, joueur du Bayern Munich. En effet, l’international marocain a utilisé ses réseaux sociaux officiels et personnels pour faire passer des messages, comme tout le monde d’ailleurs. Le quotidien Bild a multiplié les papiers et les attaques envers le natif de Leyde. Selon ce même journal, le latéral droit s’est entretenu par la suite avec les dirigeants bavarois et les deux parties se sont expliquées sur les publications polémiques du joueur sans pour autant prévoir des sanctions (pour l’instant). Cependant, le Fan Club officiel du « Bayern Israël » réclame de lourdes sanctions. N’a-t-on plus le droit d’avoir une opinion comme footballeur professionnel ? Où est la liberté d’expressions dans tout ça ?
En outre, le club de Mayence décide de suspendre l’ailier international néerlandais, Anwar El Ghazi après sa publication de soutien au peuple palestinien. «Ce n’est pas la guerre. Lorsqu’un camp coupe l’eau, la nourriture et l’électricité à un autre, ce n’est pas la guerre. Lorsqu’un camp dispose d’armes nucléaires, ce n’est pas la guerre. Lorsqu’un camp est financé par des milliards de dollars, ce n’est pas la guerre. Lorsqu’un camp utilise des images d’intelligence artificielle pour diffuser des informations erronées sur un autre camp, ce n’est pas la guerre. Lorsque les médias sociaux censurent le contenu d’un camp et pas celui de l’autre, ce n’est pas la guerre. Il ne s’agit pas d’un conflit ni d’une guerre. Il s’agit d’un génocide et d’une destruction massive, et nous en sommes les témoins en direct. De la rivière à la mer la Palestine vaincra ».

Sur le terrain, c’est la Fédération Algérienne de Football qui a frappé le plus gros coup pour l’instant. Si elle a décidé dans un premier temps d’ouvrir ses portes à la Palestine pour recevoir les matches prévus dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du Monde de 2026, la FAF semble maintenant prête à stopper toutes ses activités liées au football professionnel en signe de « solidarité au peuple palestinien résistant et par respect aux mémoires des vénérables et glorieux martyrs victimes des agressions sionistes sauvages, commises dans le secteur de Gaza ». Si le football est réellement apolitique, comme la FIFA peut assister une fédération dans la décision de suspendre toutes ses compétitions et rencontres de football jusqu’à un moment indéterminé ? Pourquoi l’actualité politique devrait influencer le déroulement des rencontres de football dans un pays qui n’est même pas concerné par la question ?

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Il est évident que la presse, pas forcément sportive, tire profit de toutes ces déclarations des joueurs célèbres pour manipuler l’opinion publique et que les acteurs politiques voient dans cette avalanche de commentaires une occasion de faire avancer les pions dans le même sens que leurs intérêts. Entre temps, un joueur n’a pas souhaité prendre parti. Patrice Evra a publié un joli message sur les réseaux sociaux en mentionnant vouloir la paix, que ce soit dans le camp palestinien ou israélien. « Premièrement, j’aimerais apporter mes sincères condoléances à tous mes frères et sœurs palestiniens, mais aussi à tous mes frères et sœurs israéliens. Parce qu’à la fin, les morts sont de chaque côté Et c’est le problème dans ce monde, les gens veulent que tu choisisses un camp. Mon camp, ce sont les droits de l’Homme. (…) Je ne connais pas la vérité, je ne suis pas allé en Palestine ni en Israël. Jamais dans ma vie. Alors pourquoi voulez-vous que je juge quelque chose que j’ai vu à travers les médias ? Mais cela touche mon cœur. Les gens perdent leurs enfants, toute leur famille. Et vous voulez que je continue de vivre en étant heureux ? C’est dur. Et arrêtez de juger les gens. Quand des gens disent « Free Palestine », cela ne veut pas dire qu’ils sont pro-Hamas. », a-t-il déclaré dans une vdeéo sur Instagram.

Mesdames et Messieurs, il parait que le football est neutre et apolitique, vous en jugerez par vous-mêmes.

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